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La guerre a changé de visage, elle est aussi devenue « aérienne » !

  • Dominique Libeau
  • il y a 2 jours
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Propos liminaire de la rédaction


Dans le cadre de notre blog, nous avons à cœur d’ouvrir régulièrement nos colonnes à des spécialistes issus d’horizons et de disciplines complémentaires. Le croisement des expériences, des expertises et des regards constitue, selon nous, une condition essentielle pour mieux appréhender les transformations profondes des environnements opérationnels contemporains.

Les évolutions récentes des conflits, et notamment la place désormais centrale occupée par les drones sur les champs de bataille, ne modifient pas seulement les doctrines, les tactiques et les technologies employées. Elles interrogent également la capacité de l’être humain à évoluer durablement dans des environnements caractérisés par une surveillance quasi permanente, une menace diffuse et une pression psychologique continue.

C’est précisément dans cette perspective que nous sommes heureux d’accueillir dans nos colonnes la contribution de Dominique Libeau, qui nous propose ici un éclairage complémentaire centré sur la dimension humaine de ces mutations : stress opérationnel prolongé, usure psychophysiologique, résilience et maintien de la capacité d’action sous pression.

Cette contribution vient ainsi nourrir une réflexion qui nous est particulièrement chère : celle de la place de l’humain au cœur des systèmes opérationnels. À travers nos formations et nos travaux, nous nous attachons notamment à développer et à mettre en avant la prise de décision dans l’incertitude et sous stress. À l’heure où les technologies transforment profondément les conditions de l’engagement, comprendre leurs conséquences sur ceux qui doivent décider et agir demeure, plus que jamais, un enjeu majeur.


Les opinions exprimées dans cette contribution n’engagent que leur auteur et participent à la diversité des regards que nous souhaitons faire vivre dans nos colonnes.


Nous vous invitons donc à découvrir cette analyse et le regard singulier de son auteur sur les nouveaux défis humains associés à l’évolution des conflits contemporains.


La guerre a changé de visage, elle est aussi devenue

« aérienne » !



La guerre en Ukraine marque le basculement historique vers la guerre des drones à grande échelle et en permanence intégrée au combat moderne


Les drones, pour une utilisation militaire, existaient bien avant... Toutefois, la guerre en Ukraine change totalement d’échelle et de logique. Pour la première fois dans l’histoire, le drone devient omniprésent ; il agit à tous les niveaux tactiques. Il transforme chaque déplacement en risque immédiat ; il surveille en permanence ; il corrige les tirs d’artillerie en temps réel ; il tue directement et il impose une pression psychologique continue.


Parlons un peu de l’Iran !


L’utilisation opérationnelle des drones par l’Iran a également et profondément modifié l’approche contemporaine du combat aérien et terrestre. En développant des systèmes comme les drones de la famille Shahed et en les employant massivement, l’Iran a démontré qu’une capacité aérienne offensive n’est plus réservée aux seules armées disposant d’une aviation de combat, aussi sophistiquée qu’elle puisse être. La logique n’est plus seulement celle de la puissance technologique, mais également celle de la saturation, à un faible coût, en multipliant les vecteurs. Cette évolution constitue une rupture majeure comme déjà indiquée mais qu’il faut souligner, « stabiloter » : tout combattant, régulier ou irrégulier, peut disposer d’un moyen d’observation, de désignation d’objectif ou d’attaque depuis la troisième dimension. La menace aérienne ne provient plus uniquement d’avions, d’hélicoptères ou de missiles, mais aussi d’engins légers, nombreux, parfois autonomes et souvent difficiles à détecter. L’espace aérien tactique, autrefois relativement maîtrisé et « réservé », devient une zone de danger permanent accessible à un grand nombre de belligérants.

L’expérience que l’on peut retirer du conflit actuel entre l’Iran et les États-Unis, c’est qu’il existe une réalité désormais incontournable : la dangerosité aérienne a augmenté très sérieusement pour tous et pour tout. Tous les sites, civils comme miliaires ; chaque unité engagée doit considérer qu’elle peut être observée, suivie ou frappée à tout moment, même loin des lignes traditionnelles de front. Cette démocratisation de la capacité aérienne transforme profondément les doctrines militaires et impose une adaptation constante des moyens de protection, de camouflage et de lutte anti-drones ; les entreprises civiles n’en seront pas exemptées !


En peu de mots, le drone, c’est : la saturation, la permanence, l’impact traumatogène émotionnel et mental, et la mutation profonde de l’expérience combattante


Les champs de bataille contemporains ne ressemblent plus à ceux d’hier. La guerre s’est transformée. Elle s’est technologisée. Elle s’est « dronisée ». L’ennemi n’est plus uniquement en face. Il est partout, invisible, permanent, suspendu dans le ciel. Le combattant moderne entre désormais dans un environnement où la menace est continue, imprévisible ; le stress cumulatif le sera d’autant plus que le combattant n’a toujours pas d’outils pour... « reseter » objectivement les fins de journée.

C’est tout l’objet de « StressProfaass® », décliné dans ma plaquette « HOLISTIR® ».

 

À peine engagé au sol, le professionnel du métier des armes évolue déjà sous surveillance, localisé, traqué, ciblé. Cette pression psychologique permanente modifie profondément les capacités humaines d’adaptation, de décision et de résistance. Car au-delà des pertes physiques, une autre guerre se développe silencieusement : celle de l’effondrement neurophysiologique, psychique et énergétique des combattants. Nous allons inévitablement vers une augmentation massive des ESPT (états de stress post-traumatiques), des états d’hypervigilance chronique (profond dérèglement de l’amygdale cérébrale), des épuisements nerveux, des addictions médicamenteuses ou chimiques (drogues, alcools), des renoncements opérationnels, des démissions physiques et psychologiques, et malheureusement... vers davantage de suicides. Une chose est sure – difficile de se tromper - sans moyens concrets d’élimination des charges émotionnelles et mentales contractées et accumulées, sans méthodes de « vidage » des situations traumatogènes, le retour à la vie normale va être particulièrement compliqué.


Face à cette nouvelle réalité, les réponses classiques ne suffisent plus. Je dirais même qu'elles ne doivent plus être que « curatives » mais essentiellement « préventives » ; journalières. Former un homme à l’utilisation des armes ne garantit plus sa capacité à durer dans l’engagement. La véritable supériorité opérationnelle de demain reposera sur la capacité des combattants à maintenir leur stabilité intérieure, leur lucidité décisionnelle, leur énergie vitale, leur maîtrise émotionnelle, et leur résilience sous stress extrême prolongé.

 

Résilience opérationnelle et performance sous pression


Fort d’une expérience de terrain et d’une compréhension approfondie des mécanismes psychophysiologiques du combat, j’affirme une réalité fondamentale : la maîtrise des armes repose avant tout sur la maîtrise de soi. Aucun système d’armes, aussi sophistiqué soit-il, ne peut compenser un système nerveux épuisé, un mental désorganisé et une énergie interne effondrée.

 

C’est précisément dans cette dimension critique que mon approche innovatrice intervient. Depuis presque maintenant quarante ans, j’ai développé et expérimenté des outils concrets de reconstruction "physico-physio-psycho-énergétique" destinés à réduire les impacts du stress opérationnel intense, restaurer rapidement les capacités adaptatives, maintenir la clarté cognitive sous pression, renforcer la résistance émotionnelle, préserver les ressources internes du combattant, et prolonger durablement son efficacité. Cette approche ne relève ni du confort ni du développement personnel.

Elle constitue un véritable multiplicateur de performance humaine et de durabilité opérationnelle. Dans une guerre où l’usure psychique devient une arme stratégique, préserver l’intégrité intérieure du combattant devient une nécessité tactique majeure. L’objectif n’est pas seulement de faire combattre un Homme (homme, femme) mais de lui permettre de continuer à combattre sans s’effondrer intérieurement ; trop rapidement.


Sans reconstruction interne, progressivement, le combattant se vide de sa substance


Chaque jour de pratique adaptée nourrit au contraire ses résiliences (prévisionnelle, présentielle et post-traumatique), sa stabilité et sa capacité d’engagement. Le futur des conflits imposera des soldats technologiquement équipés (c’est indiscutable), mais surtout humainement capables de tenir (c’est irréfutable). Aujourd’hui, la défense des nations ne dépend plus uniquement de la puissance des systèmes. Elle dépend de la résistance intérieure des Hommes qui les utilisent (ressources intrinsèques et résiliences à poste).

 

Mon concept « StressProfaass® », décliné dans ma plaquette « HOLISTIR® » (accessible sur demande), répond tout à fait à cette demande car : « Apprendre à s'occuper de soi pour un professionnel du métier des armes » n'a jamais été autant d'actualité. L’homme doit impérativement redevenir la priorité stratégique. Je suis convaincu que cette dimension humaine deviendra l’un des enjeux stratégiques majeurs des armées modernes. D’un point de vue agressivité, violence, ensauvagement... la police municipale et nationale comme la gendarmerie n’en sont pas exclues. C’est dans cette perspective que je souhaite engager une collaboration professionnelle avec les acteurs qui se reconnaîtront... afin de réfléchir et contribuer ensemble aux nouvelles exigences de résiliences opérationnelles imposées par la vie, de plus en plus insécure et, bien évidemment, quant aux conflits contemporains.

 

M. Dominique LIBEAU

 

- Coach de santé pluridisciplinaire depuis 1987…

- Expert en résilience opérationnelle et performance sous pression

- Formateur. Conférencier

Ex-Commando marine... Capitaine à la réserve opérationnelle de niveau 1 : expert en gestion préventive et auto-curative des risques psychosociaux au profit des personnels militaires de la gendarmerie nationale ; conseiller technique auprès du général coordonnateur national du tir en gendarmerie en vue d’apporter son expertise en matière d’approche holistique et intégrative quant aux tirs à courte et longue distance. Consultant pour le ministère de la Défense (Armée de Terre - École de l’infanterie de Draguignan)

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